La Citadelle d’Amiens

La Citadelle d’Amiens a été construite entre 1598 et 1610 sur une ancienne voie Romaine. Elle a toutefois été achevée en 1622.

Elle fut conçu par Jean Errard de Bar-le-Duc à la demande d’Henri IV afin de protéger la frontière nord du royaume après la prise de la ville par les Espagnols en 1597.

Afin de pouvoir construire la Citadelle, Henri IV fit abattre 200 maisons, une église et démantela une partie des remparts de Philippe-Auguste.

Durant la guerre de 1870 avec les Prussiens (Allemagne), le commandant Jean-François Vogel, s’y retrancha le 28 Novembre 1870 avec 500 hommes et seulement 22 pièces d’artillerie mais le 1er Décembre 1870, la Citadelle capitula. Jean-François Vogel y décédera le 29 Novembre.

Au cours de la seconde guerre mondiale, la Citadelle fut le dernier lieu de résistance avant l’entrée des Allemands dans Amiens, le 20 Mai 1940.

Elle servit également de lieu de détention de soldats et de résistants. 35 résistants y furent torturés et exécutés entre Novembre 1940 et Août 1944. La Citadelle servit aussi de lieu de détention pour les juifs du département.

Abandonnée progressivement par l’Armée, elle a été en partie détruite afin de permettre le percement de l’avenue du Général de Gaulle, et en 1993, l’armée quitta définitivement les lieux.

En 1999, la ville d’Amiens la rachète et au cours des années 2000 servit de chantier d’insertion. Grâce à ce chantier, ses remparts furent remis en état.

A partir de Septembre 2018, ce bastion militaire devient un campus universitaire et y accueille l’Université Picardie Jules Verne. L’architecte de cette métamorphose n’est autre que Renzo Piano, le créateur du Centre Pompidou à Paris.

Après 420 ans d’existence, la Citadelle s’ouvre enfin aux Amiénois et surtout aux 4500 étudiants qui vont y étudier. La Citadelle est enfin devenu un lieu de vie et de savoir après plus de 400 ans d’histoire de guerres.

Histoire des hortillonnages d’Amiens

L’histoire de la culture maraîchère dans les hortillonnages d’Amiens est très ancienne. Si ancienne que l’on ne sait dater avec précision. D’après la légende, la fameuse cathédrale d’Amiens fut construite, au XIIIe siècle, sur un champ d’artichauts cédé par les maraîchers des hortillonnages !
Vingt siècles d’histoire…

Historique des Hortillonnages

À l’époque Gallo-Romaine, Amiens s’appelle encore Samarobriva, et ce qui deviendra plus tard les Hortillonnages d’Amiens n’est encore qu’un ensemble de marais et d’îlots de la Somme en amont de la ville. On y cultivait néanmoins, semble-t-il, déjà la terre fertile pour y produire des légumes. Il faut garder en tête que le site est à l’origine un site naturel, qui sera, au fil des siècle, façonné par l’Homme. On ne connaît d’ailleurs pas le périmètre des Hortillonnages à cet époque…

Les documents d’archive mentionnent explicitement les Hortillonnages dès 1492. Les légendes populaires nous permettent de remonter un peu plus loin dans le temps : l’histoire amiénoise veut même que la célèbre cathédrale d’Amiens a été construite en 1220 sur… un champ d’artichauts, qui aurait été cédé pour l’occasion par un couple d’hortillons !
Un espace qui évolua au fil des siècles…

Autrefois, les hortillonnages s’étendaient bien au delà de leurs limites actuelles. C’est ainsi qu’au XVe siècle, le site couvrait une surface de plus de 1500 hectares. En 1900, il était déjà réduit à 500 hectares. En 1973, la métropole amiénoise s’étend encore, la banlieue se développe (notamment Rivery, Camon et Longueau). Les voies ferroviaires, elles aussi, s’étendent, et le site des Hortillonnages finit par être enfermé dans l’agglomération urbaine amiénoise. À présent, les hortillonnages occupent une superficie d’environ 300 hectares (un espace de six kilomètres sur trois).
Les hortillons : une véritable communauté

En 1762, on comptait environ 47 hortillons, formant une communauté bien identifiée, avec ses règles propres, qui fournit la ville d’Amiens en primeurs. On devenait hortillon de père en fils, formant ainsi de véritables dynasties d’hortillons ! Le chef de cette communauté était élu (le grand patron de tous restant Saint Fiacre), et s’appuyait sur une hiérarchie bien organisée pour la gestion des hortillonnages : capitaine des hortillons, lieutenants…
Le travail sur les parcelles
Histoire des hortillonnages
Histoire des hortillonnages : l’île Robinson

Vivre de la culture des aires n’a jamais été simple. Autrefois, le travail était pénible, et les hortillons ont du faire face à ces conditions difficiles, notamment en s’équipant de manière spécifiques. Ils ont ainsi, très tôt, mis au point toute sorte d’outils spécialisés. Les hortillons ont conçu une embarcation spécifique, la barque à cornets, dont la forme est étudiée pour pouvoir accoster sur les parcelles sans détériorer les berges (extrémité relevée et allongée), et dont la taille (jusqu’à 10 mètres) leur permettait de charger jusqu’à une tonne de produits. Ils ont également du s’équiper d’outils de culture et d’entretien des rieux et des berges, comme le louchet, la faucarde ou encore le fourchet.
Le déclin de l’activité maraîchère

Au XXe siècle, l’apparition des transports frigorifiques et les importations porta un coup important à l’activité animant les hortillonnages. Beaucoup d’hortillons abandonnèrent l’activité, et une grande quantité d’aires furent transformées en jardins d’agréments pour les citadins, ou simplement laissés à l’abandon. Les constructions individuelles et autres abris de jardins se sont multipliés, sans conseil ni réglementation, sur le site.
Le renouveau et la période actuelle

Le déclin du maraîchage a été suivi, dans les année 70, d’une autre menace pour la pérennité du site dans sa forme traditionnelle : un projet d’extension de la rocade d’Amiens prévoit de faire passer une route importante en plein cœur des hortillonnages. C’est alors que nait l’association pour la protection et la sauvegarde du site et de l’environnement des Hortillonnages, qui n’aura de cesse année après année, de protéger, promouvoir et défendre le site contre les menaces (nombreuses) pouvant peser sur lui. Le projet de route fut finalement abandonné… L’association, quant à elle, existe toujours, et se consacre aujourd’hui, notamment, à l’accueil des visiteurs du site, en proposant des balades en barques à cornet électrique au fil des canaux.

Depuis plus de vingt ans, les hortillons ont compris l’intérêt de la production saine et écologique, ayant eux-même, dans le passé, fait les frais des engrais et pesticides chimiques. C’est ainsi que bien avant l’engouement pour l’alimentation bio constaté depuis quelques années, on s’est mis à produire (ou re-produire), dans les hortillonnages, des fruits et légumes de manière simple, équitable et naturelle. L’attrait des consommateurs amiénois pour la vente de ces produits des hortillonnages sur le quai Bélu, chaque samedi, ne cesse de grandir. C’est parfois en s’inspirant de nos ancêtres que l’on imagine un avenir meilleur !

Histoire de l’Aisne

L’Aisne est un département français situé dans la Région Picardie. Son nom vient du nom de la rivière : l’Aisne. Ses habitants se nomment les Axonais et Axonnaises qui vient du nom Celte : Axona (rivière Aisne).

Département de l’Aisne

Ses départements voisins sont : le Nord, la Somme, l’Oise, la Seine-et-Marne, la Marne et les Ardennes. La Belgique est également limitrophe du département.

Ses villes principales sont : Saint-Quentin, Soissons, Laon (préfecture de l’Aisne), Château-Thierry, Tergnier, Chauny, Villers-Cotterêts, Hirson, La Fère, Vervins, Guise…

L’Aisne a été créé en 1790 ainsi que 82 autres départements de France.

Jean Charles Joseph Hyacinthe de Sars a été nommé, par Louis XVI, commissaire pour la formation du département de l’Aisne, afin de déterminer les délimitations administratives de la nouvelle circonscription. Il est né à Valenciennes en 1733 et mort à Laon en 1802.

L’Aisne est le second département de France en nombre de communes avec 816 communes derrière le Pas de Calais et devant la Somme. Le département comprend plus de 540 000 habitants pour une superficie de 7 369 km²

Le département de l’Aisne est composé de plusieurs pays : petites régions naturelles, culturelles et historiques avec leur propre identité :

– Au nord-est : la Thiérache
– A l’est : le plateau Ardennais
– A l’ouest : le Vermandois
– Au centre : le Laonnois
– Au sud : le Soissonnais, le Tardenois, le Valois, l’Omois et la Brie Champenoise

Géographiquement, l’Aisne fait partie du Bassin parisien tout en étant en Picardie.

Les Personnages liés au département de l’Aisne sont :

– Paul et Camille Claudel
– Jean de la Fontaine
– Alexandre Dumas
– Jean Racine
– Maurice Quentin de la Tour.
– Louis Antoine de Saint-Just
– Nicolas de Condorcet
– Henri Matisse, peintre, a passé son enfance à Bohain-en-Vermandois.
– Jean-Baptiste André Godin
– Jean Mermoz
– Christian Cabrol

Familistère de Guise

Si vous souhaitez faire du tourisme dans ce département, voici quelques endroits à ne pas manquer :

– Bohain-en-Vermandois : Musée Henri Matisse
– Château-Thierry : le Château, le musée Jean de La Fontaine
– Condé-en-Brie : le château de Condé
– Coucy le château : le château fort
– Guise : le familistère Godin et son musée, le Château
– La Ferté-Milon : le musée Jean Racine, le musée régional de la machine agricole
– Laon : la Cathédrale Notre-Dame, Abbaye Saint-Vincent, Abbaye Saint-Martin
– Longpont : Abbaye Notre-Dame
– Marle : le musée des temps barbares
– Montgobert : le musée du bois au Château de Montgobert
– Ribemont : la maison de Condorcet
– Saint-Quentin : la Basilique, le musée du pasteliste Maurice Quentin de La Tour, le musée de la Société académique, le musée d’entomologie
– Septmonts : le Château de Septmonts
– Soissons : la Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais, le musée de l’abbaye de Saint-Léger, Abbaye Saint-Jean des Vignes
– Tergnier : le musée de la Résistance et de la Déportation
– Villers-Cotterêts : le musée d’Alexandre Dumas
– Chemin des Dames : la Caverne du dragon
– Lac de l’Ailette : Center Parcs
– Abbaye de Vauclair
– En Thiérache : les églises fortifiées

Blason de l’Aisne

L’Aisne est également une rivière du nord de la France et traverse l’Aisne, les Ardennes, la Marne, la Meuse et l’Oise. Elle prend sa source dans l’Argonne à Sommaisne, près de la limite entre les départements de la Meuse et de la Marne. Elle parcourt 355,9 km avant de se jetter dans l’Oise à Compiègne.

L’Aisne (rivière)

Histoire du Département de l’Oise

L’Oise est un département français de la région Picardie. Le département est traversé par la rivière du même nom : l’Oise. Les Isariens et Isariennes sont les habitants de l’Oise. Sa superficie est de 5.860 km2 pour plus de 810.000 habitants et 693 Communes. La ville de Beauvais, est sa préfecture et ses sous préfectures sont Clermont, Compiègne et Senlis.

Ses départements voisins sont : la Somme, l’Aisne, la Seine-et-Marne, le Val-d’Oise, l’Eure et la Seine-Maritime. Il est très proche de Paris : 30 km.

Département de l’Oise, vue en relief

À l’époque de la conquête romaine le territoire de l’Oise est partagé entre différents peuples gaulois :

– Les Bellovaques : la ville de Beauvais tirera son nom de ce peuple (rive droite de la rivière)
– Les Silvanectes : la ville de Senlis doit son nom à ce peuple, qui vivaient sur la rive gauche de la rivière

Hugues Capet, roi de France

Quelques faits marquant de l’histoire qui se sont déroulés dans l’Oise :

Senlis : la ville ou Hugues Capet fut élu roi le 1er Juin 987. Il était auparavant comte de Paris.
Clairière de Rethondes dans la forêt de Compiègne : Armistice du 11 novembre 1918 entre l’Allemagne, la France et ses alliés et celui du 22 juin 1940 entre l’Allemagne et la France

Le département a été créé le 4 Mars 1790 durant la Révolution française à partir d’une grande partie de la province d’Île-de-France.

Les villes les plus importante du département sont : Creil, Beauvais, Compiègne, Méru, Senlis, Chantilly, Crépy-en-Valois, Nogent-sur-Oise, Noyon, Montataire, Clermont, Chambly, Gouvieux, Lamorlaye.

Château de Chantilly

Si vous souhaitez faire du tourisme dans ce département, voici quelques endroits à ne pas manquer :

– Chantilly : le musée Condé est situé dans le château de Chantilly, le Potager des Princes (Parc de la Faisanderie)
– Creil : le musée Gallé-Juillet, musée d’arts décoratifs et de faïence du XIXe siècle
– Compiègne : le musée Antoine-Vivenel, musée de France sur l’art et l’archéologie fondé en 1839, le Théatre impérial de Compiègne, le Château de Compiègne (ancienne résidence royale et impériale)
– Beauvais : le musée départemental de l’Oise, classé monument historique.
– Méru : le musée de la Nacre et de la Tabletterie, labellisé musée de France
– Plailly : le parc Asterix
– Saint-Paul : le parc Saint-Paul
– Ermenonville : la Mer de sable, le parc Jean-Jacques-Rousseau (parc à l’anglaise)
– Pierrefonds : le Château fort de Pierrefonds
– Boury-en-Vexin : le château de Boury (classés monument historique depuis 1931)
– Trie-Château : le château de Trie
– Chiry-Ourscamp : le château Mennechet
– Gouvieux : le château de Montvillargenne

Château de Pierrefonds

Si vous souhaitez partir en vacances en avion et à bas prix, vous pouvez également le faire grâce à l’aéroport Beauvais-Tillé situé dans la commune de Tillé, à 2km de Beauvais.

L’Oise a eu également ses personnages historiques : Hugues Capet, Anne de Montmorency, Louis II de Bourbon-Condé, Henri d’Orléans, Napoléon Ier et III, Eugène Viollet-le-Duc et Jean-Jacques Rousseau

Blason de l’Oise

 

Pour terminer cet article, je ne pouvais pas faire l’impasse sur un produit gastronomique que tout le monde connait : la crème Chantilly. Ce fut François Vatel, maître d’hôtel du Château de Chantilly au XVIIe siècle qui inventa cette crème fouettée sucrée.

La crème Chantilly

Les personnages célèbres de la Somme

Je vous propose de connaitre quelques personnages célèbres qui sont passés par la Somme :

Saint-Martin (316-397)

Officier de l’armée romaine, Martin est originaire de la Panonie (la Hongrie actuelle). En 334, il est en garnison à Ambianum (Amiens).

L’hiver est exceptionnellement rigoureux. A la porte de la ville, Martin rencontre un pauvre homme mourant de froid. Partageant son manteau, Martin le couvre de l’une des moitiés, lui donnant ainsi ce qui lui appartenait car à cette époque les militaires romains devaient payer la moitié de leurs vêtements, l’autre moitié étant à la charge du Trésor impérial.

Robert de Luzarches

Originaire d’Ile-de-France, Robert de Luzarches est le génial architecte qui conçut, dressa les plans et dirigea la construction de la cathédrale Notre Dame d’Amiens, décidée suite à l’incendie qui détruisit l’édifice roman situé à cet endroit.

Du Cange (1610-1688)

Charles Du Fresne, Sieur Du Cange, est né à Amiens où il fut l’élève des jésuites.

Il étudia le droit à Orléans et devint avocat au barreau de Paris en 1631. Il revint à Amiens où il acquit la charge notariale de son beau-père. Il est passé à la postérité non comme juriste mais comme linguiste philologue, laissant plusieurs dictionnaires et glossaires latins et grecs que l’on trouve aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale.

La Famille Van Robais ( XVIIe Siècle)

Originaire de Zélande aux Pays Bas, la famille Van Robais était réputée pour son art du tissage.

Colbert, alors Ministre de Louis XIV, fit appel à elle pour s’installer à Abbeville avec une cinquantaine de travailleurs hollandais, lui concédant certains avantages en échange de l’implantation d’une manufacture de draps fins. Construite entre 1709 et 1713 sous la direction de l’aîné Josse Van Robais, la manufacture des Rames employa jusqu’à 2500 ouvriers dans des conditions de discipline rigoureuses, ce qui eut pour effet d’entraîner l’une des premières grèves de l’histoire en 1716.

Parmentier (1737-1813)

Antoine Augustin Parmentier naît à Montdidier en 1737. Il commence sa carrière professionnelle dans la pharmacie. Pharmacien militaire à Hanovre lors de la guerre de sept ans, il retourne en France en 1766 et obtient une place d’apothicaire à la Maison royale des Invalides, alors que sévissait une grave disette dans tout le pays.

C’est alors qu’il s’intéresse à l’agronomie, réussissant à convaincre les experts agronomes de l’époque de l’intérêt de la pomme de terre comme substitut du blé que l’on consommait plus volontiers en France.

Réussissant aussi à convaincre la cour du roi dont on suivait volontiers les goûts et les modes, il est à l’origine du développement de cette culture dont profite depuis largement le département de la Somme.

Nommé à l’Académie des Sciences en 1795, il finit ses jours modestement.

Choderlos de Laclos (1741-1803)

Né à Amiens en 1741, Pierre Choderlos de Laclos fit une carrière d’officier artilleur. Plus inspiré par la stratégie amoureuse que militaire, ce n’est pas à ses travaux de technicien en balistique qu’il doit sa célébrité mais à son talent d’écrivain.

Alors qu’il se morfond en garnison à l’île d’Aix, il conçoit et écrit son unique ouvrage littéraire “Les liaisons dangereuses” qu’il publie en 1782 faisant alors scandale.

Lamarck (1744-1829)

Jean-Baptiste de Monet, Chevalier de Lamarck est plus connu sous le nom de Lamarck. Il est né en 1744 à Bazentin-le-Petit, près d’Albert. Tout d’abord herboriste, il fut élu à l’Académie des sciences à 35 ans, et devint herboriste du roi.

Plus tard, il bifurque vers la zoologie dont il devient professeur au Muséum de Paris qu’il a contribué à créer.

Chevalier de la Barre (1747-1766)

Jean-François Lefebvre, Chevalier de La Barre est né à Abbeville en 1747.

Jeune oisif provocateur, il avait 18 ans lorsqu’il se distingua en refusant de se découvrir au passage d’une procession. Il alla jusqu’à mutiler un crucifix, ce qui était inconcevable dans la France de cette époque vivant sous les pouvoirs du roi et de l’Eglise. Soumis à la question, il fut atrocement supplicié et décapité sur la place d’Abbeville en 1766.

Voltaire ayant pris la défense de sa mémoire, il fut réhabilité par la Convention de l’an II. Il est devenu le symbole de l’anticléricalisme.

Jacques Boucher-de-Perthes (1788-1868)

Jacques Boucher-de-Crèvecoeur-de-Perthes est né à Rethel (Ardennes).

Il a passé presque toute sa vie à Abbeville où il fut Directeur des douanes dans les années 1830.

Il mena ses recherches dans les carrières des coteaux de la Somme où il a découvert des silex taillés associés à des ossements d’animaux disparus de nos régions. Ses publications et notamment “Antiquités celtiques et antédiluviennes” firent scandales à l’époque et ce n’est qu’après plusieurs années de polémique et grâce à de nouvelles découvertes, notamment dans le faubourg de St-Acheul, à Amiens, que l’on admit enfin la réalité de l’existence de l’homme préhistorique, que l’on appelait à l’époque antédiluvien.

Jules Verne (1828-1905)

Né à Nantes, Jules Verne découvrit Amiens à 27 ans, à l’occasion du mariage d’un ami, et celle qui allait devenir sa femme avec qui il s’installe à Paris. Ingénieur de formation, il travailla tout d’abord à la Bourse, mais se passionnait pour les nouveautés scientifiques de son époque, que son imagination sut si bien anticiper pour les mettre au service de son talent romanesque.

C’est le succès de son “cinq semaines en ballon” qui le décide en 1862 à quitter son emploi à la Bourse pour se consacrer à la littérature.

En 1865, il prend racine dans la Somme, louant au Crotoy une maison qui avait pour nom “La Solitude”, ce qui répondait à son désir de quitter Paris qui ne lui offrait pas le calme nécessaire à sa vocation d’écrivain. En 1871, il s’installe définitivement à Amiens dont il sera élu conseiller municipal.

La centaine de romans qu’il a produit – son contrat avec la Maison d’édition Hetzel en prévoyait deux par an – furent le plus souvent écrit dans sa maison d’Amiens, la célèbre Maison à la tour, pourvue d’une bibliothèque riche en documentation, ou bien au Crotoy où il possédait un bateau et trouvait l’inspiration dans ce site magique de la Baie de Somme.

Mort en 1905 à Amiens, il y est enterré au cimetière de la Madeleine, dans une tombe monumentale que l’on doit au sculpteur Albert Roze. Sa maison, devenue Centre de documentation Jules Verne, est ouverte à la visite.

Pour en savoir plus :

Centre international Jules Verne (http://www.jules-verne.net)

Édouard Branly (1844-1940)

Né à Amiens en 1844, ce physicien est l’inventeur de la transmission à distance sans liaison matérielle. C’est grâce à son “cohéreur” que put se développer ce que l’on appelait alors la télégraphie sans fil, la TSF. Nommé directeur adjoint des laboratoires de l’Ecole Nationale Supérieure en 1870, il fut accueilli à l’Académie des sciences en 1911.

Victor Commont (1866-1918)

Victor Commont fut instituteur, professeur de sciences naturelles, puis directeur de l’Ecole annexe de l’Ecole Normale d’Amiens. C’est lui qui a réalisé la première étude véritablement scientifique du paléolithique de la vallée de la Somme à partir des gisements de St-Acheul et de Montières.

Henry Potez ( 1891-1981)

Né à Méaulte, commune voisine d’Albert, Henry Potez fait de brillantes études à l’Ecole Supérieure d’Aéronautique de Paris et entame l’étude de son premier avion en 1911. Pendant la Grande Guerre, il retrouve Marcel Dassault, puis est affecté aux usines Caudron à Lyon. Avec Marcel Dassault, Il crée une première société de construction d’avions, avant de créer la sienne propre à Aubervilliers.

En 1920 il installe ses usines à Méaulte près d’Albert qui deviendront le centre de production d’avions le plus important du monde, employant jusqu’à 5 000 salariés et produisant entre autres les fameux Potez 25 et 63 qui servirent durant la seconde guerre mondiale et le premier hydravion à coque.

Maréchal Leclerc (1902-1947)

Philippe Leclerc de Hautecloque est né dans la Somme, au château familial de Belloy-St-Léonard. Après des études chez les jésuites à La Providence d’Amiens, il opte pour la carrière militaire. Marié il installe sa famille dans un château acheté par son père Adrien à Tailly-l’Arbre-à-Mouches, près d’Airaines.

En 1940, il se joint aux Forces Françaises Libres, avec lesquelles il libère le Cameroun et le Tchad et participe à la campagne de Tripolitaine et de Tunisie. A la tête de sa 2ème DB, il jouera un rôle déterminant dans la campagne de France, entrant le premier dans Paris, puis dans Strasbourg. Mort au Sahara dans un accident d’avion, il sera fait Maréchal à titre posthume.

Max Lejeune (1909-1995)

Issu d’une famille d’instituteurs, Max Lejeune est né à Flesselles dans la Somme. Après des études de lettres et de géographie, il est diplômé de la Sorbonne, il entra en politique en 1936. D’abord élu député d’Abbeville à 27 ans dont il fut Maire de 1947 à 1988, il gravit tous les échelons de la politique locale puis régionale et nationale. Président du Conseil général de la Somme de 1945 à 1988, il doit sa célébrité aux hautes fonctions qu’il assuma sous la 4ème République comme Président de la Commission de la Défense Nationale de l’Assemblée Nationale, puis Ministre des Anciens Combattants et Ministre du Sahara. Il fut enfin Ministre d’Etat en 1958, à l’heure où les événements d’Algérie prenaient un tour dramatique.

Alfred Manessier (1911-1992)

Alfred Manessier est né à St-Ouen dans la vallée de la Nièvre. Il a passé son enfance dans la maison familiale abbevilloise du faubourg de Thuison. Lycéen à Amiens, il monta ensuite à Paris où il fut admis en architecture à l’Ecole Supérieure des Beaux Arts en 1929. Il fréquenta un temps Montparnasse et ses artistes, mais sa carrière fut surtout marquée par sa découverte de la foi chrétienne, après un séjour à la trappe de Soligny, et la passion qu’il entretenait pour la Baie de Somme et son mystère.

Les frères Caudron

Issus d’une famille d’agriculteurs de la Somme, les Frères Caudron ont vite été passionnés par l’aviation naissante. Pionniers du vol aérien, ils parvinrent en 1910 à franchir sans incident les 3,5 km qui séparent la ferme familiale de Romiotte (commune de Ponthoile) à Forest-Montiers, et devinrent des avionneurs célèbres, faisant partie de la “bande” des Marcel Dassault et Henry Potez.

Ils créèrent au Crotoy la première école de pilotage qui deviendra célèbre, le Ministère de la guerre y envoyant en 1913 une centaine d’élèves pilotes.

Roger Agache

L’Abbevillois Roger Agache est considéré comme l’un des pionniers de l’archéologie moderne ( http://www.archeologie-aerienne.culture.gouv.fr).

Grâce à la photographie aérienne il a complètement révolutionné les méthodes de détection des sites archéologiques.

Ainsi, depuis les années 1960 où il entama ses travaux, plus de 10 000 sites archéologiques ont été découverts, révélés par le recul que permet la photo aérienne mettant en lumière les différences de croissance des végétaux et d’humidité du sol. C’est ainsi qu’est née “l’archéologie aérienne”.

Pour en savoir plus : Source

Le fleuve de la Somme

La Somme est un fleuve du nord de la France, dans la région Picardie, qui donne son nom au département de la Somme.

Les Romains l’appelaient Samara, reprenant ainsi des termes gaulois : som (tranquille) + aar (rivière) ou ar (vallée). Il est vrai que son cours est la plupart du temps extrêmement paisible. Le passage de la forme Samara à Somme peut être expliqué par un phénomène appelé sigmatisme, ici passage de R à S, Samara devient Samasa puis par amuïssement (affaiblissement) à la fois de A et de S et assimilation de S en M : SAMASA > SaMaSa > SaMMa > SOMME et cela sur une période difficilement définissable. Le nom de Samara a d’ailleurs été repris dans le sigle du parc préhistorique et de loisirs près d’Amiens (dénommée d’ailleurs Samarobrivapont sur la Somme – à la période gallo-romaine), entre Amiens et Abbeville : le Parc de Samara.

Sa source est située sur la commune de Fonsomme dans le département de l’Aisne à 86 mètres d’altitude, au sud-ouest de la Ferme Fervaques et de la Motte (126 m). Sa vallée forme un ensemble complexe de cours d’eau, de marais, d’étangs et de canaux. Le fleuve conserve sur toute sa longueur une orientation vers l’Ouest ou l’ouest-nord-ouest, mais il décrit de nombreux méandres.

La longueur de son cours d’eau est de 245 km

La Somme se jette dans la Manche par la baie de Somme entre le Crotoy et Saint-Valery-sur-Somme. Le cours naturel de la Somme donnait un estuaire au Crotoy, mais la situation dans la baie de cette plage exposée au Sud a donné lieu à un détournement artificiel de la Somme canalisée vers le port de Saint-Valéry-sur-Somme. (voir chapitre Canal de la Somme)

En archéologie, la vallée de la Somme est célèbre pour les nombreuses découvertes de sites paléolithiques, dont à Saint-Acheul, le site type de l’Acheuléen, devenu une référence universelle pour l’histoire préhistorique de l’humanité. Les niveaux archéologiques sont souvent datés grâce aux fossiles des sédiments alluviaux ou provenant des dépôts de pente (dont lœss et paléosols).

Dans le cours moyen du fleuve, aux environs d’Amiens, les systèmes de terrasses fluviales à fossiles sont particulièrement bien développés et préservés (avec 10 formations alluviales). Ces terrasses, de 5 à 55 m plus hautes que le substratum rocheux de l’actuelle vallée, permettent à la fois l’étude des changements environnementaux et celle des établissements humains de cette zone durant tout le Pléistocène.

Depuis 1988, une datation ESR (Résonance de spin électronique, méthode permettant de bonnes datations jusqu’à 400 000 ans environ avant nos jours) a été systématiquement appliquée aux quartz blanchis extraits des gisements fossiles fluviaux, pour mieux décrire l’évolution géologique du système de terrasses. Plus récemment, plusieurs méthodes de datation dont l’ESR ont été appliquées à des dents fossiles trouvées sur différents dépôts de terrasse, ce qui a permis de préciser la chronologie du système fluvial et des activités humaines pour le Pléistocène moyen du nord de la France.

La somme a ensuite connu de nombreux soubresauts de l’histoire, dont de très violents combats durant la Première Guerre mondiale. Une grande partie de son cours a été inscrit en Zone rouge (séquelles de guerre) après l’Armistice et a demandé un travail de désobusage et déminage qui n’est toujours par terminé.

 

La Somme traverse :

  • Aisne : Saint-Quentin
  • Somme : Ham, Péronne, Corbie, Amiens, Abbeville, Saint-Valéry-sur-Somme, Le Crotoy

Pour en savoir plus : cliquez ici

Histoire de la Somme

Depuis le 2 janvier 2012, les habitants de la Somme s’appellent les Samariens et Samariennes, en référence au fleuve qui donna son nom au département, la Somme, dont le nom gaulois était Samara. Ce gentilé était auparavant largement utilisé, mais n’est devenu officiel qu’après un sondage réalisé par le conseil général de la Somme sur le site donnonsnousunnom.fr, à l’issue duquel il a obtenu la majorité et a été adopté. Avant cette opération, les habitants de la Somme n’avaient tout simplement pas de gentilé reconnu.

Le blason de la Somme :

 

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d’une partie de la province de Picardie (l’Amiénois, le Marquenterre, le Ponthieu, le Santerre et le Vimeu).

L’actuel département, cœur historique de la Picardie, a toujours été l’objet de convoitises de par sa situation stratégique entre Paris et les Flandres. Ce territoire largement ouvert a été le théâtre de certaines des batailles les plus marquantes de l’histoire de la France : conquête romaine, guerre de Cent Ans, guerres de Religion, guerre de 1870, Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale.

La Bataille de la Somme s’est déroulée en 1916.

La Somme fait partie de la région Picardie. Elle est limitrophe des départements du Pas-de-Calais, du Nord, de l’Aisne, de l’Oise et de la Seine-Maritime, et est bordée par la Manche autour de la baie de Somme.
la Somme est un plateau crayeux couvert de limon entaillé d’est en ouest par le fleuve qui lui a donné son nom, et dont l’estuaire sur le littoral de la côte picarde forme la baie de Somme.

La Somme est un département riche en sites touristiques. À Amiens on trouve la Tour Perret, plus haut immeuble en béton à sa création en 1959, la Maison de Jules Verne, Les Hortillonages, le Parc zoologique, la Place Marie sans chemise avec son horloge, le Beffroi, et la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens, une des plus vastes d’Europe. Tous les ans au mois de décembre a lieu le plus grand marché de Noël du nord de la France.

Entre Amiens et Abbeville, le parc de Samara est un parc de loisirs traitant de la Préhistoire situé en Picardie, à quelques kilomètres d’Amiens dans la Somme.

A Ailly-sur-Noye, tous les vendredis et samedis de Mi-août à mi-septembre, a lieu le son et lumière “Le Souffle de la terre” déjà applaudi par plus d’un-demi million de spectateurs. Il raconte 2000 ans d’histoire de la Picardie durant une heure et demie de jeux de lumière, de feux d’artifices, de jets d’eau.

A Folleville, chaque année au début du mois de septembre a lieu une fête médiévale importante et populaire dans le parc de 4ha du château de Folleville.

A Naours, les grottes sont un des plus beaux exemples de muches picardes.

En Baie de Somme, chaque année en avril, a lieu le festival de l’oiseau et de la nature.


Histoire du passé
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La présence d’hommes pré-néanderthaliens il y a 450 à 300 000 ans est attestée dans la Somme grâce à des fouilles réalisées à Amiens (quartier Saint-Acheul) et à Cagny, village voisin. Le site de Saint-Acheul a par ailleurs servi à nommer l’Acheuléen, une période du Paléolithique inférieur et l’industrie lithique correspondante.

Au troisième millénaire avant notre ère, la sépulture mégalithique collective de La Chaussée-Tirancourt, constituée de grandes dalles de grès, accueille en plusieurs siècles d’utilisation près de 350 défunts et constitue l’un des vestiges de cette nature les plus importants d’Europe. À cette époque, la Somme est parsemée de villages réunissant au plus quelques maisons rectangulaires de bois et de terre de 10 à 40 m de long, d’une architecture simple mais efficace.

Dès le IIIe siècle avant notre ère, l’actuel territoire de la Somme est partagé entre plusieurs peuples celtiques de la Gaule Belgique (Ambiens, Bellovaques et Suessions). On attribue à ces celtes belges l’aménagement du trophée et du sanctuaire de Ribemont-sur-Ancre où s’entassent des milliers d’ossements humains.

Suite à la colonisation romaine, et aux ambitions expansionnistes de l’empereur Caligula en Grande-Bretagne, Amiens (appelée alors Samarobriva) se trouve sur la voie entre Lyon et Boulogne et le principal nœud routier de la Gaule belgique

Au moyen âge, complétement christianisée, la région se releva des épisodes des incursions normandes. Villes et bourgs virent leur population s’accroître, leur économie s’organiser et prospérer à l’abri derrière leurs remparts. Les abbayes prirent un essor important (Corbie, Saint-Riquier), les édifices religieux donnèrent le ton au niveau architectural (art gothique à Amiens, Abbeville) et la puissance des fortifications militaires s’illustra par des réalisations comme à Ham, Lucheux, Péronne, Picquigny, Rambures. Politiquement, la bourgeoisie s’organisa et obtint des chartes communales avec autorisation d’édifier des beffrois, symboles de liberté des cités (Doullens, Rue, Saint-Riquier).

Comme ailleurs, les populations eurent à souffrir assez régulièrement des épisodes de famine et de peste.

Tout le territoire de l’actuel département eut à souffir de la Guerre de Cent Ans. En 1346, le Ponthieu vit l’affrontement terrible et lourd de conséquences de la Bataille de Crécy. En 1430, Jeanne d’Arc, prisonnière, passa notamment par Lucheux, Le Crotoy et Saint-Valery-sur-Somme.

De la Renaissance aux décennies précédant la Révolution, la Somme fut à la fois le théâtre permanent de luttes de frontières (illustrées par l’édification de citadelles de type Vauban, à Amiens et Doullens) et le cadre d’un extraordinaire essor textile favorisé par les décisions de Colbert, ministre de Louis XIV.

Au nombre des épisodes douloureux pour la population, il faut citer la grande disette de 1562 et de nouveau la peste en 1587 ainsi qu’en 1596.

Militairement, les Espagnols s’illustrèrent par exemple en 1593 en se répandant de nouveau dans le Vimeu, pillant et brûlant tout sur leur passage, puis en 1636 en prenant Corbie.

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes britanniques de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

Dès 1850, le développement de l’industrialisation se fit sentir. Les lignes de chemin de fer furent tracées, draînant une population attirée par de nouveaux ateliers s’implantant ici ou là, comme dans les vallées de la Somme et de la Nièvre, à Ailly-sur-Somme et Flixecourt, par exemple. Commença alors l’exode rural, le « monde ouvrier » demeurant parfois dans des cités spécialement construites à la demande des industriels-patrons, tels que les frères Saint et Carmicaël.

Lors de la Guerre franco-prussienne de 1870, le département fut envahi et occupé par les Prussiens. Des combats se déroulèrent en particulier à Amiens, Longpré-les-Corps-Saints et Pont-Noyelles. De nombreuses communes durent contribuer aux exigences imposées par les ennemis, en particulier par la fourniture de matériel (chevaux, chariots, foin).


Au cours de la Première Guerre mondiale, le département acquit durant cette guerre une célébrité morbide lors de Bataille de la Somme.

Toute sa partie Est (région d’Albert, Péronne et Roye) fut sillonné de tranchées et de sapes, dans lesquelles un nombre considérable de soldats furent tués et blessés. Les villages de cette zone furent évacués puis complètement rasés, et leur horizon est désormais parsemé de cimetières militaires et plus tard de monuments aux morts.

La ville d’Albert acquit une renommée pratiquement planétaire pour avoir offert, pendant de longs mois, le spectacle de la statue en déséquilibre sur le dôme de sa basilique aux combattants anglais, canadiens, américains et australiens, qui envoyèrent à leurs familles des cartes postales, des photos et des dessins de cette vierge dorée martyrisée par un bombardement.

En plus des destructions matérielles, de la destructuration des paysages (forêts rasées ou déchiquetées par la mitraille, sols bouleversées et souvent plusieurs fois retournés par la chute des centaines de milliers de tonnes d’obus, il a fallu un surcroît inimaginable de travail pour réhabiliter les routes, villages et terres cultivables dans le cadre de la reconstruction. Les habitants de ces villages se virent en outre privés d’une partie de leur mémoire : le patrimoine constitué par leurs archives a en effet pour une grande partie (registres paroissiaux et d’état-civil et d’autres archives) été dispersé ou est parti en fumée lors des incendie causés par les bombardements du leur chef-lieu d’arrondissement Péronne.

En 1918 et 1919, plusieurs localités eurent en outre à pleurer la disparition d’habitants (souvent de jeunes adultes) atteints de la grippe espagnole.

Les séquelles de guerre datant de cette période sont encore nombreuses. Elles ont justifié que le département soit après l’armistice classé en zone rouge. On continue à régulièrement retrouver des munitions non-explosées (dont obus chimiques parfois) lors des travaux agricoles et de terrassement. Il est probable que de nombreuses munitions ont été enterrées ou oubliées dans le sol, d’anciens marais, d’anciens bras mort de la somme et autres puits où elles restent dangereuses et susceptibles de relarguer les produits toxiques qu’elles contiennent. La prise en compte du fait que le sous-sol du département – de par son histoire difficile et sa topographie relativement plate – a été truffé d’une grande quantité d’abris, sapes, mines et tranchées. À la recherche d’abris lors de la deuxième guerre mondiale, la préfecture a réalisé un inventaire succinct des cavités existant dans le département. En vieillissant les galeries et cavités peuvent devenir dangereuse. Ce sont aujourd’hui les maires, qui assistés par le BRGM ont la responsabilité de finir et mettre à jour l’inventaire. Selon les données du BRGM, 485 communes sur 783 du département ont des cavités (de quelques m3 à plusieurs hectares de surface souterraine) sous les maisons ou sous des infrastructures, avec – avant décembre 1998 – 245 désordres recensés, dont un déraillement de T.G.V. en 1993. Les sapes ainsi que les refuges souterrains de la guerre de 1914- l9l8 sont essentiellement localisés sous la ligne de front ou à proximité. Certaines d’entre elles peuvent encore contenir des munitions non-explosées ou produits dangereux. Des ouvrages de casernements souterrains ou d’abris passifs ont aussi été réalisés lors de la Seconde Guerre mondiale, mais généralement plus solides (en béton armé). « Muches » (Muche signifie cachette en Picard) utilisées lors de la première guerre mondiale

En 1936, le département se distingua en envoyant à la Chambre le plus jeune député (27 ans), Max Lejeune.

Durant la Seconde Guerre mondiale, au printemps 1940, l’offensive des armées nazies mit toute la population du département sur les routes, dans une pagaille considérable, tentant de franchir la Seine.

Plusieurs villes déjà fortement touchée 20 ans plus tôt subirent d’importantes destructions lors de la Seconde Guerre mondiale : Abbeville, Albert, Amiens.

Un jour de juin 1940 à Amiens

Michel et sa famille résidaient à Amiens durant la guerre 39/45 et ont été témoins de beaucoup de choses durant cette période. Michel souhaite témoigner de ce qu’il a vu. Le premier de ces récits concerne un jour de Juin 1940.

Michel, son père, sa mère et son frère ainé habitaient au 409, rue de Cotenchy, rue qui été rebatisée plus tard rue de la 3ème D.I. Son père, réformé pour cause d’accident, avait été réquisionné avec son camion (il était routier) pour transporter les archives de la ville et certains matériels (machines à écrire, etc…).

Il passait ses jours et ses nuits à la Mairie. Un matin de juin 1940, il est arrivé devant leur maison avec son camion et a demandé à sa famille de prendre leurs valises et d’embarquer dans son camion. Dans un premier temps, ils ont regagné la Mairie, puis, sont parties à pieds pour rejoindre la maison de leur grand-père.

En cours de route, ils sont passés devant la boucherie en gros et demi-gros où sa mère travaillait en qualité de comptable et le gérant leur a fait gracieusement cadeau d’un superbe rosbeef. Arrivés à la maison du grand-père de Michel, ils ont trouvés porte close. La voisine, une amie, leur a précisé que leur grand-père était parti la veille au soir.

Devant le magnifique rosbeef, elle leur a proposé de le déguster ensemble. Alors que celui-ci était en pleine cuisson, les sirènes ont retenties. Il était 14 heures.

Le père de Michel a alors visité la cave et a décrété qu’elle n’était pas fiable. Toute la famille de Michel et la voisine de son Grand-père ont malheureusement du abandonné le rosbeef en pleine cuisson pour se précipiter dans les caves de la caserne Stengel qui se trouvait à une centaine de mètres de là.

Dans les caves voutées de la caserne, durant 3 heures (14h à 17h), ils ont entendu le bruit assourdissant des bombes allemandes tombant sur notre belle ville d’Amiens. Les sirènes annonçant la fin du bonbardement, ils sont sortis des caves de la caserne pour rejoindre l’Hotel de Ville où était garé le camion de son père et ont été témoins de la désolation des maisons détruites et encore fumantes. Des poutres éparpillées sur les rues. A ce moment là Michel se dit : “Oh, comme mon père avait eu raison de nous conseiller de nous abriter à la caserne. Sinon, je crois que je n’aurais jamais eu l’occasion de vous apporter mon témoignage. Ma vie et celle de ma famille se serait terminée ce jour-là.”

Michel, enfant à cette époque, était terrorisé et son père le prit sur ses épaules, car, il fallait enjamber des poutres enflamées pour avancer dans la rue. Arrivés à l’Hôtel de ville, ils se sont encore abrités dans les caves, car, le bombardement a repris à 20 heures et a duré deux heures. A minuit, ils sont montés dans le camion et ont pris la route mais, cela est une autre histoire.

Merci à Michel pour ce témoignage et nous attendons la suite avec impatience…