Les personnages célèbres de la Somme

Je vous propose de connaitre quelques personnages célèbres qui sont passés par la Somme :

Saint-Martin (316-397)

Officier de l’armée romaine, Martin est originaire de la Panonie (la Hongrie actuelle). En 334, il est en garnison à Ambianum (Amiens).

L’hiver est exceptionnellement rigoureux. A la porte de la ville, Martin rencontre un pauvre homme mourant de froid. Partageant son manteau, Martin le couvre de l’une des moitiés, lui donnant ainsi ce qui lui appartenait car à cette époque les militaires romains devaient payer la moitié de leurs vêtements, l’autre moitié étant à la charge du Trésor impérial.

Robert de Luzarches

Originaire d’Ile-de-France, Robert de Luzarches est le génial architecte qui conçut, dressa les plans et dirigea la construction de la cathédrale Notre Dame d’Amiens, décidée suite à l’incendie qui détruisit l’édifice roman situé à cet endroit.

Du Cange (1610-1688)

Charles Du Fresne, Sieur Du Cange, est né à Amiens où il fut l’élève des jésuites.

Il étudia le droit à Orléans et devint avocat au barreau de Paris en 1631. Il revint à Amiens où il acquit la charge notariale de son beau-père. Il est passé à la postérité non comme juriste mais comme linguiste philologue, laissant plusieurs dictionnaires et glossaires latins et grecs que l’on trouve aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale.

La Famille Van Robais ( XVIIe Siècle)

Originaire de Zélande aux Pays Bas, la famille Van Robais était réputée pour son art du tissage.

Colbert, alors Ministre de Louis XIV, fit appel à elle pour s’installer à Abbeville avec une cinquantaine de travailleurs hollandais, lui concédant certains avantages en échange de l’implantation d’une manufacture de draps fins. Construite entre 1709 et 1713 sous la direction de l’aîné Josse Van Robais, la manufacture des Rames employa jusqu’à 2500 ouvriers dans des conditions de discipline rigoureuses, ce qui eut pour effet d’entraîner l’une des premières grèves de l’histoire en 1716.

Parmentier (1737-1813)

Antoine Augustin Parmentier naît à Montdidier en 1737. Il commence sa carrière professionnelle dans la pharmacie. Pharmacien militaire à Hanovre lors de la guerre de sept ans, il retourne en France en 1766 et obtient une place d’apothicaire à la Maison royale des Invalides, alors que sévissait une grave disette dans tout le pays.

C’est alors qu’il s’intéresse à l’agronomie, réussissant à convaincre les experts agronomes de l’époque de l’intérêt de la pomme de terre comme substitut du blé que l’on consommait plus volontiers en France.

Réussissant aussi à convaincre la cour du roi dont on suivait volontiers les goûts et les modes, il est à l’origine du développement de cette culture dont profite depuis largement le département de la Somme.

Nommé à l’Académie des Sciences en 1795, il finit ses jours modestement.

Choderlos de Laclos (1741-1803)

Né à Amiens en 1741, Pierre Choderlos de Laclos fit une carrière d’officier artilleur. Plus inspiré par la stratégie amoureuse que militaire, ce n’est pas à ses travaux de technicien en balistique qu’il doit sa célébrité mais à son talent d’écrivain.

Alors qu’il se morfond en garnison à l’île d’Aix, il conçoit et écrit son unique ouvrage littéraire “Les liaisons dangereuses” qu’il publie en 1782 faisant alors scandale.

Lamarck (1744-1829)

Jean-Baptiste de Monet, Chevalier de Lamarck est plus connu sous le nom de Lamarck. Il est né en 1744 à Bazentin-le-Petit, près d’Albert. Tout d’abord herboriste, il fut élu à l’Académie des sciences à 35 ans, et devint herboriste du roi.

Plus tard, il bifurque vers la zoologie dont il devient professeur au Muséum de Paris qu’il a contribué à créer.

Chevalier de la Barre (1747-1766)

Jean-François Lefebvre, Chevalier de La Barre est né à Abbeville en 1747.

Jeune oisif provocateur, il avait 18 ans lorsqu’il se distingua en refusant de se découvrir au passage d’une procession. Il alla jusqu’à mutiler un crucifix, ce qui était inconcevable dans la France de cette époque vivant sous les pouvoirs du roi et de l’Eglise. Soumis à la question, il fut atrocement supplicié et décapité sur la place d’Abbeville en 1766.

Voltaire ayant pris la défense de sa mémoire, il fut réhabilité par la Convention de l’an II. Il est devenu le symbole de l’anticléricalisme.

Jacques Boucher-de-Perthes (1788-1868)

Jacques Boucher-de-Crèvecoeur-de-Perthes est né à Rethel (Ardennes).

Il a passé presque toute sa vie à Abbeville où il fut Directeur des douanes dans les années 1830.

Il mena ses recherches dans les carrières des coteaux de la Somme où il a découvert des silex taillés associés à des ossements d’animaux disparus de nos régions. Ses publications et notamment “Antiquités celtiques et antédiluviennes” firent scandales à l’époque et ce n’est qu’après plusieurs années de polémique et grâce à de nouvelles découvertes, notamment dans le faubourg de St-Acheul, à Amiens, que l’on admit enfin la réalité de l’existence de l’homme préhistorique, que l’on appelait à l’époque antédiluvien.

Jules Verne (1828-1905)

Né à Nantes, Jules Verne découvrit Amiens à 27 ans, à l’occasion du mariage d’un ami, et celle qui allait devenir sa femme avec qui il s’installe à Paris. Ingénieur de formation, il travailla tout d’abord à la Bourse, mais se passionnait pour les nouveautés scientifiques de son époque, que son imagination sut si bien anticiper pour les mettre au service de son talent romanesque.

C’est le succès de son “cinq semaines en ballon” qui le décide en 1862 à quitter son emploi à la Bourse pour se consacrer à la littérature.

En 1865, il prend racine dans la Somme, louant au Crotoy une maison qui avait pour nom “La Solitude”, ce qui répondait à son désir de quitter Paris qui ne lui offrait pas le calme nécessaire à sa vocation d’écrivain. En 1871, il s’installe définitivement à Amiens dont il sera élu conseiller municipal.

La centaine de romans qu’il a produit – son contrat avec la Maison d’édition Hetzel en prévoyait deux par an – furent le plus souvent écrit dans sa maison d’Amiens, la célèbre Maison à la tour, pourvue d’une bibliothèque riche en documentation, ou bien au Crotoy où il possédait un bateau et trouvait l’inspiration dans ce site magique de la Baie de Somme.

Mort en 1905 à Amiens, il y est enterré au cimetière de la Madeleine, dans une tombe monumentale que l’on doit au sculpteur Albert Roze. Sa maison, devenue Centre de documentation Jules Verne, est ouverte à la visite.

Pour en savoir plus :

Centre international Jules Verne (http://www.jules-verne.net)

Édouard Branly (1844-1940)

Né à Amiens en 1844, ce physicien est l’inventeur de la transmission à distance sans liaison matérielle. C’est grâce à son “cohéreur” que put se développer ce que l’on appelait alors la télégraphie sans fil, la TSF. Nommé directeur adjoint des laboratoires de l’Ecole Nationale Supérieure en 1870, il fut accueilli à l’Académie des sciences en 1911.

Victor Commont (1866-1918)

Victor Commont fut instituteur, professeur de sciences naturelles, puis directeur de l’Ecole annexe de l’Ecole Normale d’Amiens. C’est lui qui a réalisé la première étude véritablement scientifique du paléolithique de la vallée de la Somme à partir des gisements de St-Acheul et de Montières.

Henry Potez ( 1891-1981)

Né à Méaulte, commune voisine d’Albert, Henry Potez fait de brillantes études à l’Ecole Supérieure d’Aéronautique de Paris et entame l’étude de son premier avion en 1911. Pendant la Grande Guerre, il retrouve Marcel Dassault, puis est affecté aux usines Caudron à Lyon. Avec Marcel Dassault, Il crée une première société de construction d’avions, avant de créer la sienne propre à Aubervilliers.

En 1920 il installe ses usines à Méaulte près d’Albert qui deviendront le centre de production d’avions le plus important du monde, employant jusqu’à 5 000 salariés et produisant entre autres les fameux Potez 25 et 63 qui servirent durant la seconde guerre mondiale et le premier hydravion à coque.

Maréchal Leclerc (1902-1947)

Philippe Leclerc de Hautecloque est né dans la Somme, au château familial de Belloy-St-Léonard. Après des études chez les jésuites à La Providence d’Amiens, il opte pour la carrière militaire. Marié il installe sa famille dans un château acheté par son père Adrien à Tailly-l’Arbre-à-Mouches, près d’Airaines.

En 1940, il se joint aux Forces Françaises Libres, avec lesquelles il libère le Cameroun et le Tchad et participe à la campagne de Tripolitaine et de Tunisie. A la tête de sa 2ème DB, il jouera un rôle déterminant dans la campagne de France, entrant le premier dans Paris, puis dans Strasbourg. Mort au Sahara dans un accident d’avion, il sera fait Maréchal à titre posthume.

Max Lejeune (1909-1995)

Issu d’une famille d’instituteurs, Max Lejeune est né à Flesselles dans la Somme. Après des études de lettres et de géographie, il est diplômé de la Sorbonne, il entra en politique en 1936. D’abord élu député d’Abbeville à 27 ans dont il fut Maire de 1947 à 1988, il gravit tous les échelons de la politique locale puis régionale et nationale. Président du Conseil général de la Somme de 1945 à 1988, il doit sa célébrité aux hautes fonctions qu’il assuma sous la 4ème République comme Président de la Commission de la Défense Nationale de l’Assemblée Nationale, puis Ministre des Anciens Combattants et Ministre du Sahara. Il fut enfin Ministre d’Etat en 1958, à l’heure où les événements d’Algérie prenaient un tour dramatique.

Alfred Manessier (1911-1992)

Alfred Manessier est né à St-Ouen dans la vallée de la Nièvre. Il a passé son enfance dans la maison familiale abbevilloise du faubourg de Thuison. Lycéen à Amiens, il monta ensuite à Paris où il fut admis en architecture à l’Ecole Supérieure des Beaux Arts en 1929. Il fréquenta un temps Montparnasse et ses artistes, mais sa carrière fut surtout marquée par sa découverte de la foi chrétienne, après un séjour à la trappe de Soligny, et la passion qu’il entretenait pour la Baie de Somme et son mystère.

Les frères Caudron

Issus d’une famille d’agriculteurs de la Somme, les Frères Caudron ont vite été passionnés par l’aviation naissante. Pionniers du vol aérien, ils parvinrent en 1910 à franchir sans incident les 3,5 km qui séparent la ferme familiale de Romiotte (commune de Ponthoile) à Forest-Montiers, et devinrent des avionneurs célèbres, faisant partie de la “bande” des Marcel Dassault et Henry Potez.

Ils créèrent au Crotoy la première école de pilotage qui deviendra célèbre, le Ministère de la guerre y envoyant en 1913 une centaine d’élèves pilotes.

Roger Agache

L’Abbevillois Roger Agache est considéré comme l’un des pionniers de l’archéologie moderne ( http://www.archeologie-aerienne.culture.gouv.fr).

Grâce à la photographie aérienne il a complètement révolutionné les méthodes de détection des sites archéologiques.

Ainsi, depuis les années 1960 où il entama ses travaux, plus de 10 000 sites archéologiques ont été découverts, révélés par le recul que permet la photo aérienne mettant en lumière les différences de croissance des végétaux et d’humidité du sol. C’est ainsi qu’est née “l’archéologie aérienne”.

Pour en savoir plus : Source

Le fleuve de la Somme

La Somme est un fleuve du nord de la France, dans la région Picardie, qui donne son nom au département de la Somme.

Les Romains l’appelaient Samara, reprenant ainsi des termes gaulois : som (tranquille) + aar (rivière) ou ar (vallée). Il est vrai que son cours est la plupart du temps extrêmement paisible. Le passage de la forme Samara à Somme peut être expliqué par un phénomène appelé sigmatisme, ici passage de R à S, Samara devient Samasa puis par amuïssement (affaiblissement) à la fois de A et de S et assimilation de S en M : SAMASA > SaMaSa > SaMMa > SOMME et cela sur une période difficilement définissable. Le nom de Samara a d’ailleurs été repris dans le sigle du parc préhistorique et de loisirs près d’Amiens (dénommée d’ailleurs Samarobrivapont sur la Somme – à la période gallo-romaine), entre Amiens et Abbeville : le Parc de Samara.

Sa source est située sur la commune de Fonsomme dans le département de l’Aisne à 86 mètres d’altitude, au sud-ouest de la Ferme Fervaques et de la Motte (126 m). Sa vallée forme un ensemble complexe de cours d’eau, de marais, d’étangs et de canaux. Le fleuve conserve sur toute sa longueur une orientation vers l’Ouest ou l’ouest-nord-ouest, mais il décrit de nombreux méandres.

La longueur de son cours d’eau est de 245 km

La Somme se jette dans la Manche par la baie de Somme entre le Crotoy et Saint-Valery-sur-Somme. Le cours naturel de la Somme donnait un estuaire au Crotoy, mais la situation dans la baie de cette plage exposée au Sud a donné lieu à un détournement artificiel de la Somme canalisée vers le port de Saint-Valéry-sur-Somme. (voir chapitre Canal de la Somme)

En archéologie, la vallée de la Somme est célèbre pour les nombreuses découvertes de sites paléolithiques, dont à Saint-Acheul, le site type de l’Acheuléen, devenu une référence universelle pour l’histoire préhistorique de l’humanité. Les niveaux archéologiques sont souvent datés grâce aux fossiles des sédiments alluviaux ou provenant des dépôts de pente (dont lœss et paléosols).

Dans le cours moyen du fleuve, aux environs d’Amiens, les systèmes de terrasses fluviales à fossiles sont particulièrement bien développés et préservés (avec 10 formations alluviales). Ces terrasses, de 5 à 55 m plus hautes que le substratum rocheux de l’actuelle vallée, permettent à la fois l’étude des changements environnementaux et celle des établissements humains de cette zone durant tout le Pléistocène.

Depuis 1988, une datation ESR (Résonance de spin électronique, méthode permettant de bonnes datations jusqu’à 400 000 ans environ avant nos jours) a été systématiquement appliquée aux quartz blanchis extraits des gisements fossiles fluviaux, pour mieux décrire l’évolution géologique du système de terrasses. Plus récemment, plusieurs méthodes de datation dont l’ESR ont été appliquées à des dents fossiles trouvées sur différents dépôts de terrasse, ce qui a permis de préciser la chronologie du système fluvial et des activités humaines pour le Pléistocène moyen du nord de la France.

La somme a ensuite connu de nombreux soubresauts de l’histoire, dont de très violents combats durant la Première Guerre mondiale. Une grande partie de son cours a été inscrit en Zone rouge (séquelles de guerre) après l’Armistice et a demandé un travail de désobusage et déminage qui n’est toujours par terminé.

 

La Somme traverse :

  • Aisne : Saint-Quentin
  • Somme : Ham, Péronne, Corbie, Amiens, Abbeville, Saint-Valéry-sur-Somme, Le Crotoy

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Histoire de la Somme

Depuis le 2 janvier 2012, les habitants de la Somme s’appellent les Samariens et Samariennes, en référence au fleuve qui donna son nom au département, la Somme, dont le nom gaulois était Samara. Ce gentilé était auparavant largement utilisé, mais n’est devenu officiel qu’après un sondage réalisé par le conseil général de la Somme sur le site donnonsnousunnom.fr, à l’issue duquel il a obtenu la majorité et a été adopté. Avant cette opération, les habitants de la Somme n’avaient tout simplement pas de gentilé reconnu.

Le blason de la Somme :

 

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d’une partie de la province de Picardie (l’Amiénois, le Marquenterre, le Ponthieu, le Santerre et le Vimeu).

L’actuel département, cœur historique de la Picardie, a toujours été l’objet de convoitises de par sa situation stratégique entre Paris et les Flandres. Ce territoire largement ouvert a été le théâtre de certaines des batailles les plus marquantes de l’histoire de la France : conquête romaine, guerre de Cent Ans, guerres de Religion, guerre de 1870, Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale.

La Bataille de la Somme s’est déroulée en 1916.

La Somme fait partie de la région Picardie. Elle est limitrophe des départements du Pas-de-Calais, du Nord, de l’Aisne, de l’Oise et de la Seine-Maritime, et est bordée par la Manche autour de la baie de Somme.
la Somme est un plateau crayeux couvert de limon entaillé d’est en ouest par le fleuve qui lui a donné son nom, et dont l’estuaire sur le littoral de la côte picarde forme la baie de Somme.

La Somme est un département riche en sites touristiques. À Amiens on trouve la Tour Perret, plus haut immeuble en béton à sa création en 1959, la Maison de Jules Verne, Les Hortillonages, le Parc zoologique, la Place Marie sans chemise avec son horloge, le Beffroi, et la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens, une des plus vastes d’Europe. Tous les ans au mois de décembre a lieu le plus grand marché de Noël du nord de la France.

Entre Amiens et Abbeville, le parc de Samara est un parc de loisirs traitant de la Préhistoire situé en Picardie, à quelques kilomètres d’Amiens dans la Somme.

A Ailly-sur-Noye, tous les vendredis et samedis de Mi-août à mi-septembre, a lieu le son et lumière “Le Souffle de la terre” déjà applaudi par plus d’un-demi million de spectateurs. Il raconte 2000 ans d’histoire de la Picardie durant une heure et demie de jeux de lumière, de feux d’artifices, de jets d’eau.

A Folleville, chaque année au début du mois de septembre a lieu une fête médiévale importante et populaire dans le parc de 4ha du château de Folleville.

A Naours, les grottes sont un des plus beaux exemples de muches picardes.

En Baie de Somme, chaque année en avril, a lieu le festival de l’oiseau et de la nature.


Histoire du passé
:

La présence d’hommes pré-néanderthaliens il y a 450 à 300 000 ans est attestée dans la Somme grâce à des fouilles réalisées à Amiens (quartier Saint-Acheul) et à Cagny, village voisin. Le site de Saint-Acheul a par ailleurs servi à nommer l’Acheuléen, une période du Paléolithique inférieur et l’industrie lithique correspondante.

Au troisième millénaire avant notre ère, la sépulture mégalithique collective de La Chaussée-Tirancourt, constituée de grandes dalles de grès, accueille en plusieurs siècles d’utilisation près de 350 défunts et constitue l’un des vestiges de cette nature les plus importants d’Europe. À cette époque, la Somme est parsemée de villages réunissant au plus quelques maisons rectangulaires de bois et de terre de 10 à 40 m de long, d’une architecture simple mais efficace.

Dès le IIIe siècle avant notre ère, l’actuel territoire de la Somme est partagé entre plusieurs peuples celtiques de la Gaule Belgique (Ambiens, Bellovaques et Suessions). On attribue à ces celtes belges l’aménagement du trophée et du sanctuaire de Ribemont-sur-Ancre où s’entassent des milliers d’ossements humains.

Suite à la colonisation romaine, et aux ambitions expansionnistes de l’empereur Caligula en Grande-Bretagne, Amiens (appelée alors Samarobriva) se trouve sur la voie entre Lyon et Boulogne et le principal nœud routier de la Gaule belgique

Au moyen âge, complétement christianisée, la région se releva des épisodes des incursions normandes. Villes et bourgs virent leur population s’accroître, leur économie s’organiser et prospérer à l’abri derrière leurs remparts. Les abbayes prirent un essor important (Corbie, Saint-Riquier), les édifices religieux donnèrent le ton au niveau architectural (art gothique à Amiens, Abbeville) et la puissance des fortifications militaires s’illustra par des réalisations comme à Ham, Lucheux, Péronne, Picquigny, Rambures. Politiquement, la bourgeoisie s’organisa et obtint des chartes communales avec autorisation d’édifier des beffrois, symboles de liberté des cités (Doullens, Rue, Saint-Riquier).

Comme ailleurs, les populations eurent à souffrir assez régulièrement des épisodes de famine et de peste.

Tout le territoire de l’actuel département eut à souffir de la Guerre de Cent Ans. En 1346, le Ponthieu vit l’affrontement terrible et lourd de conséquences de la Bataille de Crécy. En 1430, Jeanne d’Arc, prisonnière, passa notamment par Lucheux, Le Crotoy et Saint-Valery-sur-Somme.

De la Renaissance aux décennies précédant la Révolution, la Somme fut à la fois le théâtre permanent de luttes de frontières (illustrées par l’édification de citadelles de type Vauban, à Amiens et Doullens) et le cadre d’un extraordinaire essor textile favorisé par les décisions de Colbert, ministre de Louis XIV.

Au nombre des épisodes douloureux pour la population, il faut citer la grande disette de 1562 et de nouveau la peste en 1587 ainsi qu’en 1596.

Militairement, les Espagnols s’illustrèrent par exemple en 1593 en se répandant de nouveau dans le Vimeu, pillant et brûlant tout sur leur passage, puis en 1636 en prenant Corbie.

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes britanniques de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

Dès 1850, le développement de l’industrialisation se fit sentir. Les lignes de chemin de fer furent tracées, draînant une population attirée par de nouveaux ateliers s’implantant ici ou là, comme dans les vallées de la Somme et de la Nièvre, à Ailly-sur-Somme et Flixecourt, par exemple. Commença alors l’exode rural, le « monde ouvrier » demeurant parfois dans des cités spécialement construites à la demande des industriels-patrons, tels que les frères Saint et Carmicaël.

Lors de la Guerre franco-prussienne de 1870, le département fut envahi et occupé par les Prussiens. Des combats se déroulèrent en particulier à Amiens, Longpré-les-Corps-Saints et Pont-Noyelles. De nombreuses communes durent contribuer aux exigences imposées par les ennemis, en particulier par la fourniture de matériel (chevaux, chariots, foin).


Au cours de la Première Guerre mondiale, le département acquit durant cette guerre une célébrité morbide lors de Bataille de la Somme.

Toute sa partie Est (région d’Albert, Péronne et Roye) fut sillonné de tranchées et de sapes, dans lesquelles un nombre considérable de soldats furent tués et blessés. Les villages de cette zone furent évacués puis complètement rasés, et leur horizon est désormais parsemé de cimetières militaires et plus tard de monuments aux morts.

La ville d’Albert acquit une renommée pratiquement planétaire pour avoir offert, pendant de longs mois, le spectacle de la statue en déséquilibre sur le dôme de sa basilique aux combattants anglais, canadiens, américains et australiens, qui envoyèrent à leurs familles des cartes postales, des photos et des dessins de cette vierge dorée martyrisée par un bombardement.

En plus des destructions matérielles, de la destructuration des paysages (forêts rasées ou déchiquetées par la mitraille, sols bouleversées et souvent plusieurs fois retournés par la chute des centaines de milliers de tonnes d’obus, il a fallu un surcroît inimaginable de travail pour réhabiliter les routes, villages et terres cultivables dans le cadre de la reconstruction. Les habitants de ces villages se virent en outre privés d’une partie de leur mémoire : le patrimoine constitué par leurs archives a en effet pour une grande partie (registres paroissiaux et d’état-civil et d’autres archives) été dispersé ou est parti en fumée lors des incendie causés par les bombardements du leur chef-lieu d’arrondissement Péronne.

En 1918 et 1919, plusieurs localités eurent en outre à pleurer la disparition d’habitants (souvent de jeunes adultes) atteints de la grippe espagnole.

Les séquelles de guerre datant de cette période sont encore nombreuses. Elles ont justifié que le département soit après l’armistice classé en zone rouge. On continue à régulièrement retrouver des munitions non-explosées (dont obus chimiques parfois) lors des travaux agricoles et de terrassement. Il est probable que de nombreuses munitions ont été enterrées ou oubliées dans le sol, d’anciens marais, d’anciens bras mort de la somme et autres puits où elles restent dangereuses et susceptibles de relarguer les produits toxiques qu’elles contiennent. La prise en compte du fait que le sous-sol du département – de par son histoire difficile et sa topographie relativement plate – a été truffé d’une grande quantité d’abris, sapes, mines et tranchées. À la recherche d’abris lors de la deuxième guerre mondiale, la préfecture a réalisé un inventaire succinct des cavités existant dans le département. En vieillissant les galeries et cavités peuvent devenir dangereuse. Ce sont aujourd’hui les maires, qui assistés par le BRGM ont la responsabilité de finir et mettre à jour l’inventaire. Selon les données du BRGM, 485 communes sur 783 du département ont des cavités (de quelques m3 à plusieurs hectares de surface souterraine) sous les maisons ou sous des infrastructures, avec – avant décembre 1998 – 245 désordres recensés, dont un déraillement de T.G.V. en 1993. Les sapes ainsi que les refuges souterrains de la guerre de 1914- l9l8 sont essentiellement localisés sous la ligne de front ou à proximité. Certaines d’entre elles peuvent encore contenir des munitions non-explosées ou produits dangereux. Des ouvrages de casernements souterrains ou d’abris passifs ont aussi été réalisés lors de la Seconde Guerre mondiale, mais généralement plus solides (en béton armé). « Muches » (Muche signifie cachette en Picard) utilisées lors de la première guerre mondiale

En 1936, le département se distingua en envoyant à la Chambre le plus jeune député (27 ans), Max Lejeune.

Durant la Seconde Guerre mondiale, au printemps 1940, l’offensive des armées nazies mit toute la population du département sur les routes, dans une pagaille considérable, tentant de franchir la Seine.

Plusieurs villes déjà fortement touchée 20 ans plus tôt subirent d’importantes destructions lors de la Seconde Guerre mondiale : Abbeville, Albert, Amiens.